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Une vingtaine de trailers piqués par des frelons dans la Loire : pourquoi les nids sont si peuplés en automne
Dans la Loire, une vingtaine de coureurs ont été piqués par des frelons européens. Voici pourquoi les nids sont plus dangereux à l'automne.

Vous courez sur un sentier sec, au huitième kilomètre, et le sol vibre sous vos pas. Dans la Loire, c'est sans doute ce qui a réveillé un nid de frelons : une vingtaine de trailers ont été piqués, onze pris en charge. En automne, les colonies sont à leur maximum.
En bref
- Une vingtaine de trailers piqués dans la Loire, onze pris en charge, dont un évacué en urgence absolue.
- Le nid de frelons européens, caché dans un arbre mort, est passé inaperçu malgré trois passages de l'organisation.
- En automne, les colonies sont à leur maximum, et les vibrations du sol sec ont pu rendre les frelons agressifs.
Le chiffre clé : 11, coureurs pris en charge après les piqûres, sur une vingtaine de piqués.
Onze coureurs pris en charge sur le 19 km de Saint-Maurice-en-Gourgois
Dimanche 4 octobre, la course s'annonçait radieuse. Sur les 450 coureurs réunis à Saint-Maurice-en-Gourgois, dans la Loire, pour le trail du week-end des 3 et 4 octobre, beaucoup avaient choisi le 19 km. Au huitième kilomètre, les secours ont été alertés pour plusieurs victimes.
Le bilan : une vingtaine de trailers piqués, onze pris en charge, dont un évacué en urgence absolue. Un hélicoptère a été dépêché sur place et deux coureurs étaient dans un état grave. Lundi 5 octobre, l'état de la personne évacuée s'était stabilisé.
Selon les organisateurs, certains coureurs ont été piqués à plus de dix reprises. À ce stade, ils assurent que tous les participants sont hors de danger.
Un nid invisible dans un arbre mort, malgré trois passages avant la course
Le 19 km passait sur un chemin, juste devant un arbre mort. Un nid de frelons s'y trouvait, depuis détruit. Les piqûres sont le fait de frelons européens, pas de frelons asiatiques.
Le nid logeait dans le tronc, ce qui le rendait très difficile à repérer. L'équipe de balisage est passée vendredi, puis de nouveau samedi. Dimanche, des vététistes ont ouvert le parcours. Le président du Trail Gargomançois, Sébastien Baudouin, résume la situation : « personne n'a rien vu ».
Un autre détail frappe. « Les 20 premiers, 30 premiers sont passés sans problème. C'est après, c'est parti sur les suivants », indiquent les organisateurs. Le nid ne s'est donc pas manifesté dès les premiers passages, mais après une série de coureurs.
En automne, les colonies sont à leur maximum et les vibrations suffisent
À cette période de l'année, les frelons sont les plus nombreux dans les nids. Des experts expliquent que les colonies sont alors très importantes. Un nid plus peuplé, ce sont davantage de défenseurs prêts à sortir au moindre dérangement.
Le dérangement, ici, n'avait rien de spectaculaire. Le maire de Saint-Maurice-en-Gourgois, David Perrin, estime que les coureurs passaient à hauteur des frelons et qu'ils ont dû être dérangés par les vibrations et les secousses du terrain.
Les passages à répétition et le choc des pieds sur le sol sec ont pu suffire à troubler la colonie. Résultat : des frelons agressifs, prompts à défendre leur nid. Chaque coureur ajoute une secousse, ce qui explique que les premiers aient pu passer sans encombre et les suivants beaucoup moins.
Maxime Prat, 26 ans, raconte la chute : « Ça m'a couché par terre »
Parmi les deux blessés graves, Maxime Prat, 26 ans, a fait une réaction allergique. Il a passé une nuit en observation dans une clinique, puis il a pu rentrer chez lui lundi après-midi. Voici comment il décrit la scène.
« J'en avais dans les cheveux, j'en avais sur le coude. Donc, j'ai mis ma main pour essayer de les faire partir, je suis parti en courant. En fait, c'était trop tard. J'ai senti que j'avais une grosse piqûre à la tête. Un quart d'heure plus tard, là, ça m'a démangé. Je n'avais plus aucune énergie, ça m'a couché par terre. J'ai vomi, j'ai eu une petite perte de connaissances. Et là, heureusement que les pompiers sont arrivés. »
Maxime Prat, coureur piqué, auprès de francetvinfo
Son récit montre que les effets se sont fait sentir environ un quart d'heure après la piqûre à la tête, alors qu'il avait déjà quitté les lieux en courant. Puis tout s'enchaîne : plus aucune énergie, vomissements, brève perte de connaissance.
Une série d'attaques cet automne : ce que cela change pour vos sorties
Le trail de la Loire n'est pas un cas isolé. Il y a deux semaines en Haute-Vienne, lors d'une randonnée VTT, une trentaine de cyclistes ont été piqués à de multiples reprises. Quatre ont été évacués vers l'hôpital de Limoges. Cet automne, les attaques massives de frelons se multiplient.
| Loire | Haute-Vienne | |
|---|---|---|
| Activité | Trail de 19 km | Randonnée VTT |
| Personnes piquées | Une vingtaine | Une trentaine |
| Prise en charge | Onze personnes, dont une en urgence absolue | Quatre évacuées vers l'hôpital de Limoges |
Si vous marchez, courez ou roulez en pleine nature à l'automne, le cas de la Loire rappelle trois choses. Un nid peut se cacher dans un tronc et rester invisible malgré trois passages de l'organisation. Les vibrations d'un groupe suffisent à le déranger. Et ce sont souvent ceux qui suivent qui paient : dans la Loire, les premiers coureurs sont passés sans problème.
L'expérience de Maxime Prat montre qu'une fois les frelons sur soi, il est souvent déjà trop tard. L'enjeu est donc d'éviter le passage près d'un nid, ce qui suppose de le repérer avant.
Vos questions
Pourquoi les attaques de frelons sont-elles plus fréquentes en automne ?
À cette période, les frelons sont les plus nombreux dans les nids et les colonies sont très importantes. Un nid dérangé par des passages répétés et des vibrations peut devenir agressif pour défendre sa colonie. Des attaques massives se multiplient cet automne, comme en Haute-Vienne il y a deux semaines.
Quels frelons ont piqué les coureurs du trail dans la Loire ?
Il s'agissait de frelons européens. Leur nid était installé dans un arbre mort, au bord du chemin, et il a depuis été détruit. Logé dans le tronc, il était très difficile à repérer.
Les coureurs piqués sont-ils hors de danger ?
Selon l'organisation, tous les coureurs sont hors de danger. Celui qui avait été évacué en urgence absolue s'est stabilisé lundi 5 octobre. Maxime Prat, victime d'une réaction allergique, est rentré chez lui lundi après-midi après une nuit en clinique.
Sources : franceinfo.























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