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161 cas de virus du Nil en France : près de trois fois le record de 2025, dont cinq décès signalés
Santé publique France compte 161 cas autochtones de virus du Nil au 5 octobre, près du triple de 2025. Cinq décès, 13 nouveaux départements touchés.

Le virus du Nil occidental ne se cantonne plus au pourtour méditerranéen. Au 5 octobre, Santé publique France a recensé 161 cas autochtones, près de trois fois le précédent record, avec cinq décès signalés. Voici ce que disent les chiffres, où le virus a été détecté et pourquoi les experts s'en inquiètent.
En bref
- Santé publique France recense 161 cas autochtones au 5 octobre, soit 16 de plus en une semaine et près du triple de 2025.
- Cinq personnes sont décédées, surtout des personnes âgées, mais l'agence reste prudente sur le lien exact avec le virus.
- Treize départements sont touchés pour la première fois, dont le Rhône, l'Isère, la Loire-Atlantique et la Seine-et-Marne.
Le chiffre clé : 161, cas autochtones de virus du Nil recensés en France hexagonale au 5 octobre.
Cinq décès parmi 161 cas, mais l'agence reste prudente
Au 5 octobre, Santé publique France comptait 161 personnes infectées en France hexagonale, contractées sur place. C'est 16 de plus que la semaine précédente. Le précédent record, en 2025, s'arrêtait à 62 cas, relevés de début mai à fin novembre.
Parmi ces 161 personnes, 133 ont présenté des symptômes. Soixante ont développé une forme neurologique, la plus sévère. C'est dans ce groupe que cinq personnes sont mortes, « principalement des personnes âgées, présentant souvent des comorbidités », précise l'agence.
Elle invite pourtant à ne pas conclure trop vite. Le lien entre chaque décès et le virus relève d'une évaluation médicale individuelle, menée par les cliniciens qui suivent les patients, et ce travail prend du temps.
Trois de ces décès ont été signalés en Île-de-France, chez des patients de 49, 73 et 88 ans, atteints de formes neuroinvasives. Deux autres sont survenus dans deux régions distinctes, sans autre précision. À titre de repère, l'année 2025 comptait déjà cinq morts, mais pour 62 cas seulement.
Treize départements voient le virus arriver pour la première fois
Le virus a été identifié pour la première fois en France en 1962, en Camargue. Les zones humides y attirent des oiseaux migrateurs et des moustiques communs, deux ingrédients de son cycle. Pendant longtemps, il est resté confiné à cet arc méditerranéen.
Ce temps est révolu. Sept régions ont été touchées cette année : Provence-Alpes-Côte d'Azur, Occitanie, Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire et Centre-Val de Loire. Dans ces régions, 13 départements ont enregistré des cas pour la première fois.
Parmi eux figurent l'Aude, la Seine-et-Marne, la Drôme, le Rhône, l'Isère, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et le Loiret. Si vous vivez dans l'un de ces départements, le virus circule désormais près de chez vous.
Pour le virologue Yannick Simonin, de l'université de Montpellier et de l'Inserm, ce virus « sort de sa zone classique méditerranéenne pour atteindre de nouvelles zones géographiques ». Il estime qu'on peut le considérer comme un virus émergent.
L'Europe bat aussi un record, l'Italie en tête
La France n'est pas un cas isolé. Depuis le début de la saison des moustiques jusqu'à fin septembre, près de 1 800 cas humains autochtones ont été détectés dans 16 pays européens, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Son dernier point publié le 2 octobre faisait état de 1 765 cas. Plus de 60 décès avaient été comptabilisés en Europe début septembre.
| Pays | Cas autochtones (ECDC, fin septembre) |
|---|---|
| Italie | 721 |
| Grèce | 420 |
| Espagne | 131 |
| France | 128 |
Le chiffre français de l'ECDC, 128, est inférieur aux 161 de Santé publique France. Les deux décomptes ne s'arrêtent pas à la même date : celui de l'agence française est arrêté au 5 octobre, celui de l'ECDC court jusqu'à fin septembre.
En Italie, le virus a été détecté dans des régions jusque-là épargnées. Et le bilan peut encore s'alourdir : « On est toujours en période active de ce virus », rappelle Yannick Simonin.
Le climat allonge la saison des moustiques et accélère le virus
Selon Yannick Simonin, les maladies transmises par les moustiques progressent depuis quelques années en Europe. Il énumère les records : la dengue en 2022, le chikungunya en 2025, et maintenant le virus du Nil occidental.
« Le virus est l'un des gagnants du changement climatique. »
Yannick Simonin, professeur de virologie à l'université de Montpellier et à l'Inserm, à franceinfo
Il détaille trois mécanismes. Avec des températures très douces, les moustiques vivent plus longtemps dans l'année. Le virus se multiplie aussi plus vite à l'intérieur du moustique quand il fait plus chaud. Enfin, sécheresses et canicules concentrent les oiseaux sur les points d'eau restants, ce qui facilite la transmission.
Autre indice relevé par les chercheurs : en Île-de-France notamment, le virus reste quasiment identique d'une année sur l'autre. Pour l'entomologiste Anna-Bella Failloux, de l'Institut Pasteur, cela signifie qu'il se maintient dans des populations de moustiques qui hibernent dans des caves ou des sous-sols.
Un moustique commun, 1 % de formes graves, aucun vaccin
Le virus circule entre les oiseaux et les moustiques du genre Culex. Quand un moustique pique un oiseau infecté, il peut ensuite transmettre le virus à l'humain. Mais l'humain ne relance pas la chaîne : son sang ne contient pas assez de virus pour infecter à son tour un moustique. Les spécialistes parlent d'impasse parasitaire.
Dans environ 80 % des cas, l'infection ne provoque aucun symptôme, indique l'ARS d'Île-de-France. Dans les 20 % restants, elle ressemble à une grippe : fièvre brutale, maux de tête, douleurs musculaires, grande fatigue.
Dans environ 1 % des cas, le virus franchit la barrière qui protège le cerveau. Il peut alors provoquer une encéphalite ou une méningite, parfois mortelle. Les personnes âgées et immunodéprimées sont les plus exposées.
Il n'existe actuellement ni vaccin commercialisé pour l'humain, ni traitement préventif. Le virus porte le nom de la région où il a été découvert, en Ouganda, en 1937.
Vos questions
Combien de personnes sont mortes du virus du Nil en France ?
Santé publique France signale cinq décès parmi les cas autochtones, dont trois en Île-de-France. L'agence précise toutefois que l'imputabilité au virus relève d'une évaluation médicale individuelle, qui prend du temps.
Peut-on attraper le virus du Nil auprès d'une personne malade ?
Non, selon les spécialistes cités. Une personne infectée n'a pas assez de virus dans le sang pour le transmettre à un moustique, donc le cycle ne passe pas par l'humain. La transmission vient de moustiques Culex qui ont piqué un oiseau contaminé.
Existe-t-il un vaccin ou un traitement contre le virus du Nil occidental ?
Aucun vaccin n'est commercialisé pour l'humain et il n'existe pas de traitement préventif. Dans environ 80 % des cas, l'infection passe inaperçue, et dans environ 1 % elle entraîne des complications neurologiques graves.
Sources : franceinfo, sciencesetavenir.fr.























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