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Virus du Nil occidental : pourquoi 2026 bat déjà tous les records en France, et ce que Santé publique France mesure
Trois morts, 145 cas fin septembre contre 62 en 2025 : le virus du Nil occidental atteint un niveau record en France. Les raisons de cette flambée.

Trois personnes sont mortes du virus du Nil occidental en France, et la saison court encore jusqu'à fin novembre. Avec 145 cas fin septembre contre 62 l'an dernier, le pays vit une année sans précédent. Voici ce qui explique cette flambée, où elle frappe, et ce que vous pouvez faire.
En bref
- Santé publique France recense 145 cas fin septembre 2026, contre 62 en 2025, année record précédente, qui avait compté cinq décès.
- Les trois décès de 2026 sont survenus en Île-de-France, où 23 cas humains ont été identifiés, dont 13 neuro-invasifs.
- Il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique : la seule parade consiste à éviter les piqûres du moustique commun.
Le chiffre clé : 145 cas, recensés en France fin septembre 2026, contre 62 l'an dernier à la même période.
Le nombre de cas a plus que doublé en un an
L'année 2025 était déjà la plus lourde jamais observée. Elle a été dépassée très largement. Fin septembre, Santé publique France compte 145 cas cette année, contre 62 l'an dernier, avec cinq décès à l'époque. Le bilan s'est alourdi la semaine dernière : une troisième personne est morte.
La saison n'est pas finie. Cette maladie à déclaration obligatoire reste surveillée jusqu'à fin novembre, et le bilan définitif sera donc plus lourd que celui d'aujourd'hui.
L'Europe suit la même pente. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies annonce près de 1 500 cas dans 16 pays, un niveau record là aussi. L'Italie en compte 652 et la Grèce 355. Ces deux pays déplorent plusieurs dizaines de décès chaque année et restent de très loin les plus touchés du continent.
Un automne très doux prolonge la saison des moustiques
Le début d'automne 2026 est d'une douceur exceptionnelle. Les moustiques sont encore très présents, alors que la saison devrait décliner. Pour le virus, c'est le scénario idéal : une chaleur suffisante, une saison qui déborde largement l'été et des oiseaux migrateurs qui remontent plus au nord.
Les épisodes de sécheresse jouent aussi un rôle. Oiseaux et moustiques se retrouvent regroupés autour des rares points d'eau disponibles, ce qui facilite la circulation du virus.
« Les phénomènes d'introduction par des oiseaux migrateurs se conjuguent à l'endémisation progressive. Depuis 2010, on observe une circulation plus importante en Europe, en Russie et sur le pourtour méditerranéen »
Santé publique France
Les experts n'excluent ni une évolution du virus, ni son installation durable chez les oiseaux résidents. Ils rappellent aussi qu'une surveillance plus serrée peut conduire à détecter davantage de cas.
De nouvelles régions touchées, dont l'Isère, la Drôme et le Rhône
Le virus gagne du terrain chaque année. Arrivé en Europe dans les années 1960, notamment en Camargue, il ne donnait en France que de rares cas, voire aucun. Il s'envole surtout depuis 2018. L'Allemagne et les Pays-Bas l'observent désormais, depuis 2019 et 2020.
En 2025, le nombre de régions touchées avait doublé. En 2026, deux régions de plus sont concernées, et trois départements signalent le virus pour la première fois.
| Année | Régions touchées |
|---|---|
| Avant 2025 | Provence-Alpes-Côte d'Azur, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie |
| 2025 | Ajout de l'Île-de-France, d'Auvergne-Rhône-Alpes et de la Normandie |
| 2026 | Ajout des Pays de la Loire et du Centre-Val de Loire |
Pour la première fois, le virus est détecté dans l'Isère, la Drôme et le Rhône.
L'Île-de-France concentre les trois décès
Les trois morts de 2026 se sont toutes produites en Île-de-France. Santé publique France y a identifié 23 cas humains, dont 13 formes neuro-invasives, les plus graves.
Ces formes concernent 1 à 5 % des personnes infectées. Elles provoquent de graves atteintes neurologiques, définitives. Les malades qui survivent gardent généralement de lourdes séquelles neurologiques et physiques.
Dans l'immense majorité des cas, l'infection reste discrète. Elle ne provoque aucun symptôme dans 80 % des cas. Chez les 20 % restants, elle entraîne forte fièvre, éruption cutanée et raideur de la nuque. Ces signes doivent vous inviter à consulter s'ils apparaissent après une piqûre de moustique.
Le moustique commun est en cause, pas le moustique tigre
Contrairement à Zika ou au chikungunya, le virus du Nil occidental n'est pas transmis par le moustique tigre. Le responsable est le moustique commun, de type culex, endémique en Europe. Il pique des oiseaux contaminés, puis transmet le virus aux humains.
L'être humain est un hôte « accidentel », rappelle l'institut Pasteur. Il ne peut transmettre le virus que dans de très rares cas, par transfusion sanguine ou transplantation d'organe.
Il n'existe ni vaccin, ni traitement autre que symptomatique. La seule protection consiste à se prémunir des piqûres de moustique, tant que ces insectes restent actifs à l'approche de l'hiver. Cette douceur automnale vous concerne donc directement, même loin du pourtour méditerranéen.
Vos questions
Le moustique tigre transmet-il le virus du Nil occidental ?
Non. C'est le moustique commun, de type culex, endémique en Europe, qui transmet ce virus après avoir piqué des oiseaux contaminés. Le moustique tigre est responsable de Zika ou du chikungunya, pas de cette infection.
Quels symptômes doivent vous alerter après une piqûre ?
Dans 80 % des cas, l'infection ne provoque aucun symptôme. Chez les autres, forte fièvre, éruption cutanée et raideur de la nuque doivent conduire à consulter après une piqûre de moustique.
Existe-t-il un vaccin ou un traitement ?
Il n'existe ni vaccin, ni traitement autre que symptomatique. La seule protection consiste à éviter les piqûres de moustique, d'autant que la douceur de cet automne maintient les insectes actifs.
Sources : dna.fr.























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